La Solitude
des Automates

Vidéo en boucle, son stéréo · 6’39’’ · 2025
PhotoSaintGermain 2025
La solitude des automates a été filmée en 2024 au sein de Fuzhou Changle Jinyuan Textile Co., Ltd., dans le Fujian en Chine, depuis un véhicule électrique traversant une chaîne de production textile contrôlée par intelligence artificielle. Plutôt que de reproduire l’imaginaire familier de la misère industrielle, le film se tourne vers la densité, la précision et l’étrangeté de l’usine elle-même.
Présentée sous la forme d’un plan-séquence non monté, l’œuvre conserve la continuité du travail mécanique. Une bande sonore originale composée par l’artiste accompagne le mouvement des machines, tandis qu’un bref motif de cordes signale chaque apparition d’un travailleur — présence humaine fragile surgissant dans le champ automatisé.
De ce réalisme presque onirique émerge une solitude à plusieurs niveaux : celle du travail, de la pratique industrielle, de la machine et de l’automatisation elle-même. L’œuvre interroge une condition contemporaine dans laquelle la production mondiale est façonnée non seulement par l’intelligence et l’efficacité, mais aussi par la distance, le malentendu et l’isolement silencieux de celles et ceux — humains ou non humains — qui demeurent à l’intérieur du système.

Développées parallèlement au film La Solitude des Automates, ces photographies se tournent vers l’espace industriel lui-même. Réalisée dans une usine textile automatisée à Changle, en Chine, la série déplace le regard de la production vers l’architecture, la lumière artificielle, la répétition et l’absence. Plutôt que de présenter l’automatisation comme un spectacle dystopique, les images observent la manière dont elle reconfigure l’espace, la perception et la présence humaine.





